Une longère à Lanester métamorphosée : quand une terrasse imposée devient un jardin dessiné
À Lanester, en plein quartier résidentiel du Pays de Lorient, une longère joliment rénovée attendait que ses abords soient à la hauteur.
Le problème : une grande dalle béton, fraîchement coulée sur toute la longueur de la maison, aussi imposante qu'incontournable. Ce couple d'une quarantaine d'années, actif, avec enfants, souhaitait simplement un habillage de cette surface. Henri Mignon y a vu autre chose : l'opportunité de dessiner un vrai jardin contemporain, structuré et vivant, en jouant avec les matériaux, les rythmes végétaux et la circulation.
Un projet qui prouve qu'une contrainte, bien saisie, peut devenir la fondation d'un jardin réussi.
Les attentes
Lors de la rénovation de leur longère, ce couple avait fait couler une grande dalle béton sur toute la longueur de la façade. La maison était belle, la terrasse fonctionnelle, mais l'emprise béton était écrasante, sans composition ni caractère. C'est pour l'habiller qu'ils ont contacté Henri Mignon.
Leur demande initiale était précise et modeste : recouvrir la dalle d'un dallage, et redonner un peu d'allure à leur cour d'entrée, alors simplement empierrée avec un vieux portail en acier. Pas de projet de jardin au sens propre. Pas de brief esthétique élaboré. Ils connaissaient notre travail, ils nous faisaient confiance pour proposer quelque chose de beau.
À cela s'ajoutait une contrainte fonctionnelle que nous avons rapidement identifiée : la porte d'entrée de la maison se trouvait au centre de la façade, tandis que l'accès au terrain s'effectuait depuis un côté. Sans intervention sur la circulation, tout visiteur arrivant se retrouvait à longer la zone de vie, baie vitrée et terrasse, avant d'atteindre l'entrée. Il fallait résoudre ce problème sans que la solution se remarque.

Notre Approche paysagère
Face à une dalle béton récente et non négociable, la question n'était pas de savoir si nous allions la conserver, mais comment la faire disparaître dans un dessin cohérent. Comment faire en sorte que l'oeil perçoive non pas une contrainte habillée, mais un jardin pensé dès l'origine ?
Quatre terrasses en une
La réponse est venue de la composition des matériaux. Plutôt que d'opter pour un revêtement uniforme, nous avons alterné pierre calcaire gris clair posée en bandes et lames de composite Silvadec, en jouant sur les orientations : bandes de pierre, lames perpendiculaires, bandes de pierre, lames parallèles à la maison. Ce rythme binaire, répété sur toute la longueur, décompose visuellement la surface en quatre terrasses successives, chacune avec sa propre respiration. La dalle disparaît. Le dessin, lui, semble avoir toujours été là.
Pour aller plus loin sur nos matériaux de terrasse, découvrez notre page dédiée aux terrasses en bois, composite ou dallage.
Le végétal comme ponctuation
Pour contrebalancer l'emprise de la terrasse et lui donner du relief, nous avons opté pour une palette végétale forte et architecturale, à entretien limité, condition indispensable pour ce couple au mode de vie actif. Des pins taillés en nuage, des oliviers formés, des pittosporum tenuifolium en boules et des atomiums de ligustrum rythment la composition avec précision. Des fougères arborescentes apportent une touche de légèreté et de mouvement, tandis que le trachelospermum habille les palissades de son feuillage persistant et de ses fleurs parfumées. La palette est volontairement restreinte : chaque végétal se taille facilement et s'intègre dans un ensemble graphique et cohérent.
Guider sans imposer : la résolution du problème de circulation
Pour empêcher un accès direct et non intentionnel à la terrasse de vie, nous avons installé des palissades ajourées en bois, type Plano, qui bloquent discrètement le passage tout en masquant la zone de stationnement. Ces panneaux servent également de support au trachelospermum grimpant, créant ainsi un écran végétalisé à la fois fonctionnel et esthétique.
Le visiteur est alors naturellement guidé par un chemin en briquettes longeant les terrasses en contrebas, qui le conduit avec fluidité vers la porte d'entrée centrale. Le cheminement s'impose de lui-même, sans signalétique ni rupture de style. À la dénivellation en bout de terrasses, de larges paliers paysagers et des jardinières en palis de schiste viennent absorber la pente et enrichir la composition.
Pour en savoir plus sur nos solutions d'entrée paysagère, consultez notre page entrée et accueil paysager.
Un habillage demandé, un jardin livré
À la livraison, les clients n'en revenaient pas. Ils étaient venus chercher un habillage de terrasse, ils repartaient avec un vrai jardin contemporain, structuré, vivant, et parfaitement adapté à leur façon de vivre. Ce décalage entre l'attente initiale et le résultat perçu est l'un des retours qui nous touche le plus : il dit que le projet a dépassé la commande.
La terrasse, autrefois écrasante dans sa nudité béton, est aujourd'hui un espace de vie élégant, rythmé par les matériaux et ponctué de végétaux architecturaux. Les entrées et sorties de la maison se font naturellement, les zones de vie sont protégées des regards, et l'ensemble de la façade a gagné en caractère.
Un jardin né d’une contrainte… et c’est ce qui le rend si beau.
Le témoignage
Ce n'est jamais simple de dessiner une terrase quand une grande dalle béton, disproportionnée, est déjà là, et qui plus est, toute récente. Si la dalle avait été ancienne ou endommagée, les clients auraient peut-être accepté d'en casser une partie. Là, il fallait travailler avec ce qui existait, sans concession possible.
C'est toujours intéressant de s'adapter. J'aime jouer avec les formes et les matériaux, et en l'occurrence, l'alternance pierre et composite a permis de créer un dessin qui donne l'illusion que c'était voulu dès le départ. Mais je ne vais pas me mentir : si nous étions partis d'une feuille blanche, les terrasses auraient été plus réduites, plus intégrées au végétal, moins présentes.
Il y a d'ailleurs un paradoxe que j'aime pointer : vouloir économiser en faisant couler la dalle avec le maçon génère souvent un surcoût chez le paysagiste, qui doit travailler sur une surface imposée plutôt que sur une surface optimisée. La concertation en amont entre tous les intervenants est précieuse.
Mais au final, le jardin est beau. Et ça, c'est la preuve que même dans des conditions non optimales, on peut proposer quelque chose qui tient, et qui dépasse les attentes.
David, concepteur paysagiste
focus :
Ce jardin devant une longère à Lanester est une belle illustration de ce que nous défendons chez Henri Mignon : la capacité à composer avec les contraintes existantes pour en faire des atouts. Une dalle béton imposante, un problème de circulation non résolu, une demande initiale modeste, et pourtant, un jardin contemporain, structuré et habité qui redonne toute sa valeur à une maison rénovée.
Si vous avez une terrasse à repenser, une entrée à valoriser ou un jardin à créer dans le Pays de Lorient, nous serions heureux d'échanger avec vous sur votre projet.
















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